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Le Boudoir des Livres

L'endeuillé et autres récits de Mary Shelley

23 Mai 2009 , Rédigé par Sylvie/Cerisia Publié dans #Littérature Fantastique étrangère


Editions José Corti 151 pages  Traduit par Liliane Abensour

Résumé (source http://www.jose-corti.fr/titresromantiques/endeuillee.html )
Si Mary Shelley apparaît de nos jours comme l’auteur d’une seule œuvre, Frankenstein, (1816), elle ne cessa d’écrire et ses autres romans, en particulier Lodore (1835) et Falkner (1837), loués en leur temps pour leur vérité psychologique, furent mieux accueillis que son premier roman ou que The Last Man (1826).
     Pourtant, si elle fut attirée, après la mort du poète Percy Shelley, son mari, par une littérature plus sentimentale, elle resta dans une certaine mesure fidèle à l’idéalisme romantique et aux idées de ses illustres parents, Mary Wollstonecraft, l’auteur de Défense des droits de la femme, et de William Godwin, l’auteur de Saint Léon et de Caleb Williams. Ses courts écrits en témoignent. De 1829 à 1839, parallèlement aux romans, Mary Shelley compose des histoires, contes et récits, pour le magazine Keepsake. L’ensemble de ces textes, rassemblés par Richard Garnett en un recueil Tales and Stories(London, 1891) fit, en 1975, l’objet d’une réédition en fac similé (Folcroft Library Editions).
     Tirés de cet ouvrage, inédit en France, les quatre récits traduits sont représentatifs de l’inspiration de Mary Shelley. Le pacte avec le Diable, le philtre d’immortalité, les rêves prémonitoires, les souterrains… sont autant de matériaux, empruntés à la littérature gothique, et marqués au sceau de sa sensibilité douloureuse.
     L’Endeuillée (1830), Transformation (1831), Le Rêve (1832) et L’Immortel mortel (1834), parcourus par les thèmes obsédants de la mort et du deuil impossible, évoquent, chacun sous une forme différente, à l’opposé de Frankensteinet pourtant dans la même veine, un Prométhée humain, peut-être trop tristement humain.


 

     La vue qui s’offre à nous maintenant est celle d’un décor somptueux, digne d’un roi, le produit de l’art, le fruit de la nature ! Où le regard peut-il trouver paysage plus agréable et plus enchanteur que cette belle étendue d’eau de Virginia Water, tantôt présentée au ciel comme un miroir, tantôt cachée par des berges ombreuses qui serpentent, formant de sombres recoins ou s’arrondissant en doux promontoires ? Tandis que le soleil à l’ouest est proche de l’horizon, le regard est ébloui, l’âme oppressée par tant de beauté. La terre, l’eau, l’air absorbent jusqu’à l’excès la clarté qui s’écoule de ce lointain puits de lumière ; le feuillage des arbres semble ruisseler de pluie d’or, tandis que le lac, rempli d’une rosée surnaturelle, n’est que le réservoir de cette atmosphère imprégnée de soleil : les arbres et le gai pavillon, paraissant mieux découpés, plus nets que la réplique qui s’élève dans les airs, ondoient sur les eaux. Le paysage est loin d’être silencieux : des refrains, plus doux que ceux qui berçaient Vénus, l’entraînant tendrement vers le sommeil, plus riches que la chanson de Tirésias qui poussa Alexandre à son acte de destruction, plus graves que les mélopées de Sainte Cécile, flottent sur ses ondes, se mêlant à la brise qui s’attarde sur le lac sans en agiter la surface. Comme il est étrange que quelques sombres accords puissent conduire à cette source sonore, être le lien instinctif entre un son insignifiant et les harmonies qui révèlent le paradis à nos sens exaltés !

 

     Extrait de Les histoires extraordinaires de Mary Shelley par Pascal Aquien, La Quinzaine littéraire, juin 1993.
     Non, Mary Shelley n’est pas que l’auteur du seul Frankenstein. José Corti propose un choix de quatre nouvelles dont l’intensité dramatique et les beautés descriptives le disputent à une réflexion sur le deuil et la mort, à certains égards annonciatrices de l’art d’Edgar Poe.
     Mary Shelley écrivait, et fort bien, comme l’avait fait avant elle, mais dans la plus grande discrétion domestique, Ann Radcliffe dont les romans “gothiques”, Les Mystères d’Udolphe ou l’Italien, paru l’année de naissance de Mary, avaient connu un succès considérable, avec leurs théories de jeunes filles pures persécutées, errant dans des châteaux délabrés.
    D’une manière générale la tonalité et les thèmes de ces nouvelles, le double, le pacte avec le diable, la mélancolie et la tentation du suicide, la fascination pour l’autre lieu, pour l’ailleurs, qu’il s’agisse d’une époque révolue, d’un pouvoir surhumain ou d’interventions surnaturelles sont autant de variations autour d’ingrédients propres au romantisme. Et pourtant, Mary Shelley fait mieux que reprendre et citer, et pour deux raisons. La première est liée à un véritable talent d’écrivain : technicienne hors pair, elle sait varier les points de vue, jouer sur l’identité des narrateurs et passer d’une prose poétique à des moments de grande intensité dramatique. Il y a aussi chez elle, un art du conte et du récit qui annonce parfois de façon étourdissante la manière d’un Edgar Poe. La deuxième raison est liée à une réflexion originale sur le thème du désir qui, si elle rejoint les préoccupations des poètes romantique, apparaît ici sous une forme romanesque qui va bien au-delà des conventions gothiques.
     [Beaucoup de] scènes, dans ces nouvelles, se déroulent en des lieux liminaires, littoraux, comme l’orée d’une forêt, une grande ville portuaire ou un rivage, quand il ne s’agit pas de la ligne indistincte qui sépare la veille du sommeil, ou celle qui se trace entre le normal et le monstrueux, lieux où les existences basculent, se font ou se défont et affrontent des contradictions que seul l’amour pourra, parfois, surmonter. C’est aussi là que réside la modernité de ces textes, dont le bonheur d’écriture, et le plaisir qu’on prend à les lire, ne dissimulent pas les gouffres inquiétants qu’ils cernent.

Mon avis : Parce que Mary Shelley ce n'est pas que Frankenstein il faut absolument lire ce petit livre. J'ai beaucoup aimé cette lecture sur la mort, la solitude, le remord, la trahison. A lire

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sylvie 24/05/2009 11:27

Vous pouvez le lire sans hésitation d'autant plus qu'il est très court, vous ne prendrez donc pas beaucoup de risques :)

Marie 24/05/2009 10:51

J'aime beaucoup le fantastique et je n'ai jamais lu cet auteur ! Je note ce livre dans ma LAL ! :-)

Ys 23/05/2009 22:58

J'ai beaucoup aimé "Frankenstein" et les romans d'Ann Radcliffe alors pourquoi pas ces nouvelles...